Le 2 août dernier, pendant que la moitié des dirigeants français étaient à la plage, une ligne du règlement européen sur l'intelligence artificielle est discrètement entrée en application. Elle tient en une idée simple : plus personne ne doit pouvoir confondre une IA avec un humain sans le savoir. Ce n'est pas une recommandation : c'est l'article 50 de l'AI Act, il concerne tout système d'IA qui parle à des personnes ou génère du contenu, et il ne prévoit aucun seuil de taille : le freelance qui a posé un chatbot sur son site est logé à la même enseigne que le grand groupe. Les sanctions maximales donnent le vertige : jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial. Voici ce que dit vraiment le texte, ce que les géants font déjà, et les trois gestes qui vous mettent en règle en une heure.
La règle tient en deux phrases
Première obligation : quand une personne interagit avec une IA (un chatbot, un agent vocal), elle doit en être informée « de manière claire et distinguable dès la première interaction », sauf si le contexte le rend évident. Deuxième obligation : les contenus générés par IA (texte, image, audio, vidéo) doivent être marqués dans un format lisible par une machine, pour rester détectables comme artificiels. Le détail complet est dans le texte de l'article 50, applicable depuis le 2 août 2026.
Les géants ont déjà dégainé le filigrane invisible
Anthropic, l'éditeur de Claude, a ouvert le bal : depuis le 2 août, les modèles publiés intègrent nativement un filigrane numérique dans le texte lui-même, qui survit au copier-coller, et la norme C2PA pour les documents, selon la presse spécialisée. Traduction concrète pour tout le monde : l'époque où un texte généré était indétectable se referme. Les moteurs de recherche, les plateformes et les régulateurs disposeront d'un signal fiable pour trier l'humain du synthétique.
Votre chatbot est-il en règle ? Les trois gestes
- ✓Le bot se présente comme une IA, dès le premier message. Un prénom est autorisé ; un prénom qui fait croire à un humain, non. « Léa, assistante IA de la boutique » est conforme ; « Léa, conseillère » qui ne révèle jamais sa nature ne l'est plus.
- ✓Les contenus IA que vous publiez sont signalés : un article entièrement généré et publié sans relecture éditoriale doit être identifiable ; vos visuels et vidéos synthétiques aussi. Le marquage technique, lui, incombe d'abord aux fournisseurs de modèles.
- ✓Vous gardez une trace : quel outil, quelles instructions, quel contrôle humain. En cas de question, la documentation fait la différence entre une régularisation tranquille et une mise en demeure.
Chez Causerie, le message d'accueil et l'identité du bot se configurent librement, et nos gabarits présentent le bot comme un assistant : la mise en conformité est un réglage, pas un chantier. Notre définition de l'AI Act est au glossaire, et le volet données est traité dans notre guide RGPD du chatbot.
Le vrai risque, sans catastrophisme
Personne ne recevra une amende de 15 millions demain matin : ces plafonds visent les cas graves, et les autorités de contrôle montent en charge progressivement. Le risque réel de 2026 est plus prosaïque : un concurrent ou un client procédurier qui signale, une mise en demeure, et la confiance abîmée d'un visiteur qui découvre qu'il parlait à une machine déguisée. Face à ça, la conformité coûte une heure de réglages. Le calcul est vite fait.
Le test à faire maintenant : ouvrez votre site, lancez votre chatbot, lisez son premier message. Dit-il qui il est ? Si la réponse est non, vous savez ce qu'il vous reste à régler avant la rentrée.
